Extrait de la novella "Entre ciel et enfer.

Extrait de la novella "Entre ciel et enfer.
Introduction

Un soupir s'échappe de mes lèvres. Couché sur l'un des rochers qui m'entourent, je m'ennuie. Voilà un mois que nous sommes confinés en enfer avec interdiction formelle d'en sortir. Mais qu'est-ce que l'enfer ? Les hommes, quelle que soit leur religion, le craignent et l'imaginent. Mais jusqu'à présent, aucun d'eux n'a jamais pu le décrire tel qu'il est.

Des âmes d'hommes souffrants de mille tortures et de mille morts, les flammes, des démons ! Je crois que l'esprit humain craint trop l'enfer. Voilà pourquoi il le diabolise à l'extrême. Je ne dis pas que l'on ne croise pas de démons parmi nous, j'en suis justement l'un des plus anciens.

Peut-être suis-je blasé par cet endroit où je demeure depuis des siècles ? Pour moi, les hurlements de désespoir des hommes condamnés pour leurs crimes sont devenus une douce musique qui, à force d'avoir été tant entendue, n'a plus de saveur.

Je ne me mêle pas aux autres, je préfère rester dans mon enfer personnel. Étant un démon Phalperis, je ne m'occupe pas des supplices. Je ne vois pas les salles de tortures ou vierges de fers, chaînes, fouets et autres joujoux. Cela ne m'intéresse pas et ne m'amuse plus depuis longtemps.

« Vous qui entrez ici, perdez tout espoir ! » Si Dante savait à quel point il avait raison, s'il avait su qu'il finirait par avoir le droit de tester ses dires, il ne l'aurait certainement pas écrit. J'avoue que je ris encore aujourd'hui quand je lis sa description de l'enfer.

Des fournaises de tous les diables, des fers chauffés à blanc, des abîmes pestilentiels et encore tout un tas de conneries dans le genre. L'enfer est différent pour chacun d'entre nous, chacun le voit différemment. C'est pour cela qu'il est impossible à décrire. Mais une chose est sûre, nous désirons tous en sortir. Tous ? En fait, non, moi je me plais bien ici.

Et tout cela, par la faute de John Williams Constantine, dernier descendant de l'ordre du Temple du dragon de la ville éponyme.

Cet homme était ce qu'on appelle un slayers, autrement dit un sorcier-chasseur dont j'étais la proie — ou plutôt, devrais-je dire — dont tous ceux de mon espèce, nous, les démons, nous étions la proie. Or, il se trouve que ce dernier a trouvé la mort ce matin ; et bien sûr, il n'est pas mort pendant un magnifique combat contre l'un des miens.

Le pauvre homme s'est simplement noyé ! Et depuis lors, tels des chiens enragés, les trois ordres se disputent son âme comme si elle n'était qu'un bout de viande ! Que d'histoire pour un homme !

Les trois ordres sont, en réalité, le paradis où vivent les anges, le purgatoire où les âmes des mortels attendent le jugement dernier, et les Enfers où se trouvent les démons. Les représentants du ciel sont respectivement Saint-Pierre, pour le paradis, Lord Seylais, pour le purgatoire et bien entendu, pour nous les démons, c'est notre cher maître Lucifer.

Ce bon vieux Saint-Pierre prétend qu'avoir renvoyé certains de mes confrères chez eux avec l'empreinte de son pied au cul, a octroyé à ce fameux John le droit d'entrer dans le royaume de Dieu. Seylais, à l'inverse, assure qu'il ne peut y prétendre, car il n'a pas reçu les derniers sacrements avant de mourir. Quant à notre Lulu national, il réclame son âme à titre de dédommagement pour tous les torts qui nous ont été causés. Comme quoi Johnny boy a une foule d'admirateurs, dont il se serait sûrement bien passé !

En ce qui me concerne, je ne souhaite pas savoir où il se trouve : je m'en fiche tout simplement ! Aucun des hommes de cette maudite terre ne mérite, ne serait-ce qu'une seconde, que je m'y intéresse. Peu m'importe qu'il fût assassin, saint, homme, femme, enfant, ou encore chasseur !

Tandis que j'admirais Lina qui exécutait pour me distraire l'une de ses danses du ventre, une colonne de feu apparut, lui brûlant au passage quelques mèches de cheveux ainsi que son bras droit. Elle s'enfuit en hurlant de douleur, désireuse d'échapper au plus vite à cette tornade ignée. Tiens, maman était de retour à la maison !

— Quelles sont les nouvelles, petit Lu ? lui dis-je avec ironie, tandis que je jouais avec mon verre de sang.

Je devinai la réponse avant même qu'il répondît, car la fureur déformait les traits de son visage. Jonathan Williams Constantine ne serait pas des nôtres !

— Son âme est coincée au purgatoire ! Et en plus, les portes de la terre nous sont toujours fermées ! Avant de mourir, ce bâtard a légué ses pouvoirs à un nouveau chasseur !

— Ah oui ? m'étonnais-je, cette fois. Pourtant, Constantine est le dernier chasseur ; or seuls ceux possédant le sang des templiers de l'ordre peuvent prétendre à ces pouvoirs, ajoutais-je avant de boire un peu de sang.

Lucifer m'arracha mon verre des mains tout et se laissa tomber à mes côtés. Lorsqu'il but une gorgée, un filet de sang coula le long de ses lèvres.

— Tu savais que ce chien avait eu un moutard ? Et de surcroît, une fille !

— Mais les filles ne peuvent pas recevoir les pouvoirs des chasseurs !

— Sauf si on les leur transmet alors qu'elles sont en train de mourir ! Et c'est exactement ce qu'il a osé faire ! Il a renoncé à sa vie pour celle de son putain de moutard ! Cette garce a donc repris le flambeau de son père ; et lorsqu'à son tour, elle aura un gosse, ses pouvoirs lui seront transmis jusqu'à ce que la lignée s'éteigne !

— Ce qui pour les démons signifie : « Allez tout droit en prison sans passer par la case départ ! ». Et bien, tu n'as plus qu'à t'emparer de son âme, dis-je d'un haussement d'épaules après avoir repris mon verre pour le vider d'une traite.

— Mais oui, tu as tout à fait raison ! Nous ne pouvons rien tenter contre elle directement, mais nous pouvons toujours utiliser la ruse !

— C'est ça ! dis-je, désireux de mettre un terme au plus vite à la conversation. Bon courage à toi et à l'élu de ton choix !

— Merci ! C'est vrai qu'il t'en faudra, du courage !

— Quoi ? hurlai-je en renversant mon verre. Si c'est une plaisanterie, elle n'est pas drôle ! Hors de question ! Je ne vais pas sur terre ni aujourd'hui ni demain ni jamais !

— Tu feras ce que je t'ordonnerai, Caïn ! Ton seul droit face à mes ordres est de la fermer !

Il se leva et s'éloigna. J'étais plus furieux que je ne l'eusse jamais été depuis des siècles ! Hélas, comme il venait de le dire, je savais que je n'avais malheureusement pas le choix.

— Dis-moi au moins à quoi elle ressemble ! finissé-je par dire.

Pour toute réponse, une photographie apparut dans ma main ; une photographie où apparaissait une jeune adolescente de seize ans.

— Pour nous, voilà à peine un mois que son père est décédé, mais souviens-toi que l'espace-temps sur la terre est différent. Là-bas, cela fait bientôt neuf ans !

— Tu n'en aurais pas une où elle est encore plus jeune par hasard ? Une photo où elle porterait des couches par exemple, dis-je avec sarcasme.

— Non ! Depuis que les trois ordres sont au courant de son existence, tout est bouclé autour d'elle : c'est donc tout ce que j'ai pu obtenir ! Ainsi que son nom, elle se prénomme Julie.

« Julie ? Un prénom d'une grande banalité ! » pensai-je. Je fermai les yeux et brûlai la photo par la seule force de mon esprit. Où qu'elle soit, je la trouverai ! Ensuite, je m'amuserai avec elle, et enfin je lui volerai son âme, avant même qu'elle s'en rende compte.
Ainsi, la race des slayers sera définitivement éteinte.

# Posté le jeudi 22 octobre 2009 14:25

Extrait de croisant de lune "Recueil grim"

Extrait de croisant de lune "Recueil grim"
Allongé sur le sol, je commençais à vraiment être gelé, même si sous moi se trouvait un long drap rouge censé me protéger du froid : malheureusement, il ne servait pas à grand-chose ! Je m'appelle Nicolas, j'ai vingt-huit ans et je suis modèle à mes heures, en plus d'être professeur de théâtre. Le reflet que le miroir me renvoie est celui d'un homme jeune, grand et beau. Mon corps est musclé, grâce aux heures de natation que je pratique tous les jours.

Mes cheveux sont d'un noir corbeau, et un peu trop longs, au goût de ma famille, parce qu'ils me tombent dans le cou. D'ailleurs, je m'amuse souvent à les coiffer en crête. Mon nez est grec : c'est la partie de mon corps que j'aime le moins ! Bien trop long, il me donne l'impression de ressembler au professeur Rogue dans « Harry Potter » (ce que ma cousine Fanny me lance souvent pour me faire enrager). Les pommettes saillantes, j'ai aussi des lèvres fines comme celles d'une femme, et d'un rose pâle. Mes yeux sont un mélange de vert, de marron et de gris, ce qui est un atout dans mon travail.

Je suis modèle depuis l'âge de seize ans ; il m'est arrivé de poser pour quelques pubs, mais je fais surtout du nu artistique. En ce moment, je suis censé représenter « l'homme s'accrochant au fil de la vie », mais le drap étant sur le sol, et moi allongé dessus, j'ai surtout la sensation d'incarner un homme dont le fil a été coupé, et qui se trouverait en train d'agoniser !

Bien que gardant un visage impassible, mon cerveau bouillonne à cent à l'heure : je pense aux prochains cours que je dois donner. Étant donné que, depuis quelque temps, notre école de théâtre perd beaucoup d'élèves, je me dois donc de développer de nouveaux sujets, et de donner à mes élèves de nouvelles envies.
Je pense également à prendre rendez-vous chez mon médecin, si mon photographe ne se décide pas à faire cette photo, car non seulement le sol est vraiment très froid, mais en plus nous sommes en plein mois de décembre et le costume d'Adam n'est certainement pas la meilleure idée que j'ai eue.

Regardant mon collègue, mon ami, et surtout, en ce moment, mon bourreau, je vois qu'il est préoccupé. Lui, qui d'habitude parle comme une vraie pie, est aussi silencieux que s'il assistait à un enterrement ! Voilà dix minutes maintenant que je suis allongé sur le sol sans bouger, sans que Bruno fasse la moindre photo.
Un peu moins grand que moi, c'est un homme des plus banals, pour reprendre son expression favorite : il a les cheveux châtains et, à chaque fois, je ne peux m'empêcher d'être effrayé par la façon « brosse à balais » dont il les porte, comme s'il s'était coiffé « avec un pétard ». Sa peau est tellement couverte de taches de rousseur, qu'on pourrait presque croire qu'il est bronzé, et ses yeux, très cernés, sont de couleur noisette.
Finalement, comme s'il se rappelait ma présence, Bruno appuya sur le click, et le flash illumina la pièce blanche que nous utilisions pour les photos. Passant une main dans ses cheveux et sur son visage fatigué, il murmura d'une voix rauque.

— C'est bon pour aujourd'hui ! Tu peux te rhabiller !

Poussant un soupir de soulagement, je laissai retomber le drap qui masquait ma virilité puis me dirigeait vers la chaise sur laquelle j'avais laissé mes vêtements ; je pris un paquet de cigarettes dans une de mes poches.
J'en sortis une et la portai aussitôt à mes lèvres, afin de l'allumer au plus vite et de tirer plusieurs bouffées. Ah, quel bonheur ! J'aimais cette odeur de nicotine, ce goût inexplicable sur mes lèvres lorsque j'étais nerveux : il n'y avait rien de mieux qu'une cigarette pour me calmer.

— Alors, que se passe-t-il ? demandai-je tout en tapotant ma cigarette sur le rebord du cendrier le plus proche.

Après avoir relevé la tête, Bruno mit quelques minutes à me répondre, comme s'il cherchait comment s'y prendre avant de parler. Il prit le temps de défaire son objectif, il l'essuya avec grand soin, à l'aide d'un mouchoir, puis le déposa avec délicatesse dans le sac où il le rangeait toujours.

— Je crois que nous allons devoir fermer !

Mon regard, tout comme le sien, s'assombrit. Il y a trois ans, grâce à nos économies et au soutien de la ville, nous avions ouvert une école de théâtre. Bien que nous ayons une centaine d'élèves admis, l'argent ne rentrait pas assez et, tous les mois, nous étions dans le rouge.

Prenant mes vêtements, je les enfilai puis, reportant mon attention sur ma cigarette, j'aspirai deux nouvelles bouffées. Malgré la promesse que j'avais faite à ma s½ur Nelly, je n'arrivais pas à m'arrêter ! Troublé par cette pensée, je retirai la cigarette de mes lèvres et la jetai négligemment dans le cendrier, et pour de bon cette fois-ci !

— Nous sommes toujours dans le rouge, Bruno ! Pourquoi serait-ce différent cette fois-ci ?

— Non Nico, pas cette fois ! Nous sommes vraiment dans le rouge, et nous ne réussirons jamais à joindre les deux bouts ! dit-il dans un soupir.

— Je suppose que tu en as déjà discuté avec Natacha, marmonnai-je en fermant la braguette de mon pantalon. Donc, vous avez déjà fait votre choix !

— En effet, mais comme nous sommes trois à prendre les décisions, je devais également en discuter avec toi, et Natacha est du même avis que moi.

— Nous avons donc besoin d'en parler ; au fait, quand fermons-nous ?

— Nous donnerons les cours jusqu'à la fin du mois. Nous avons déjà commencé à rembourser le trimestre prochain.

Fermant les boutons de ma chemise, je restai sans aucune réaction. Après tout, cela n'aurait servi à rien ! Nous étions trois à prendre les décisions mais, aujourd'hui, la majorité l'emportait et ce, pour la dernière fois.

— J'ai besoin de prendre l'air ! Je te retrouve demain au conservatoire.

Prenant mon manteau, je quittai l'appartement de Bruno. Lorsque je sortis, un vent glacial m'arracha une série de frissons ; resserrant le col de ma veste autour de mon cou, je marchai parmi la foule, sans faire attention aux bousculades dont j'étais victime.

Je ne vivais qu'avec mes photos et mon travail de professeur et, si je perdais celui-là, je ne savais pas ce que j'allais devenir ! J'avais arrêté mes études avant d'avoir passé le bac et, sans aucun diplôme, je ne trouverais pas facilement du travail ! Je pouvais toujours me lancer dans une formation, mais cela se terminait souvent en cul-de-sac.

# Posté le vendredi 11 septembre 2009 10:24

Modifié le vendredi 11 septembre 2009 13:15

La création du recueil Grim ou le jeu de l'amour et de la mort.

La création du recueil Grim ou le jeu de l’amour et de la mort.
Contrairement à la série Clio, pour celui-ci se fut un travail assez facile car les idées venaient d'elle-même chacune d'entres elles me sont à la fois proche et lointaine mes sources d'inspirations sont nombreuses pour chacune d'elles.

A l'origine ce recueil était destiné aux éditions du petit caveau, mais comme leur plaignes ait chargé jusqu'en 2010, et qu'ils préfères sortir « Clio » en premier, ma directrice ma conseillée de le proposé à d'autre maison d'édition malgré le fait qu'il le gardait quand même en réserve. C'est donc pourquoi vous ne trouverez pas celui-ci dans mes ½uvres à publier.

Le recueil ait composé de six nouvelles, chacune d'entre elles ait de style fantastique mais aborde différents sujets. Vous trouverez deux histoires sur les vampires, une sur les sirènes, une sur les loups, une sur les fantômes et la dernière sur une malédiction égyptienne. Voici les différents titres de chacune des histoires dans l'ordre ou elles sont écrites :

1) Je t'ai tant attendu

2) Larmes de cristal

3) Croisant de lune

4) Miroir

5) Le portrait maudit

6) Sema-Taouy

Je commence tout juste la recherche d'un éditeur je vous tiendrais au courant de chacun des envoies et de chacune des réponses. Je vous mettrais également un extrait d'une ou plusieurs nouvelles.

# Posté le mercredi 26 août 2009 10:57

Alexander Rybak - Fairytale - French

Pour ceux qui aurait suivit l'Eurovision cet année vous ne serait pas passée à côté de ce merveilleux jeune homme qui as une voix et un physique d'ange, donc voici mon coup de coeur du mois. Je vous présente sa chanson en version Française.

# Posté le dimanche 23 août 2009 12:49

La corne de la licorne

 La corne de la licorne
Voici la première partie de la nouvelle publié dans "le royaume des fées"



Malgré l'air frais qui soufflait, Lys resta sans bouger, le regard perdu dans le vague alors que la ville s'étendait à ses pieds. Dans quelques heures elle devrait être de retour au palais de Crystal pour passer l'épreuve afin de savoir si elle était digne de devenir la nouvelle gardienne de la pierre de sagesse.
Cette pierre était utilisée lors des rituels magiques pour augmenter les pouvoirs des sorciers du palais, en cas de conflit. A chaque génération une nouvelle protectrice était désignée et cette année Lys Lumen avait eu la joie d'être choisie avec deux autres jeunes magiciennes pour passer les trois épreuves qui les départageraient. Lys Lumen était tout juste âgée de seize ans, elle possédait de longs cheveux d'un roux flamboyant, d'immense yeux bleu nuit, une peau blanche tellement pâle qu'on aurait dit qu'elle était recouverte d'un aura lumineuse. La silhouette fine et élancée, elle portait la traditionnelle robe de soie rouge ceinturée à la taille par un ruban de soie couleur or. Ses fines mains étaient refermées autour d'un pendentif qu'elle portait au cou.
Il s'agissait d'un simple anneau d'argent, mais pour elle il était le bien le plus précieux. Des larmes coulèrent le long de ses joues : cette bague appartenait à Hélios, l'homme qu'elle aimait. Malheureusement celui-ci avait quitté le royaume des sorcières depuis plusieurs années déjà. Quitté ou devrait-on dire été bannis pour avoir utilisé la magie noire. Ou, comme le supposait la jeune femme, tué sans que personne ne le sache. Mais la jeune femme ne lui en tenait pas rigueur car elle était la seule à connaître son secret : s'il n'avait pas hésité à braver cet interdit, c'était pour trouver un remède à la maladie de sa jeune s½ur Faon.
Malheureusement, toutes ses tentatives s'étaient soldées par un échec. Il avait été arrêté alors qu'il tentait de dérober la pierre qu'aujourd'hui Lys souhaitait protéger. Le procès s'était déroulé si vite que personne n'avait put réellement le comprendre et le lendemain Hélios avait disparu. D'après les dires du conseil, il avait quitté le royaume pour trouver refuge auprès des elfes de lumières. Lys avait attendu jour après jour une lettre, un mot de sa part. Les jours, les semaines et les mois s'écoulèrent sans qu'elle ne reçoive rien, ni pour elle ni pour Faon.
—Lys ! Où es-tu ? Rentre vite ou tu vas tomber malade !
La jeune femme se retourna pour voir courir dans sa direction une fillette d'une dizaine d'années, vêtue d'une cape rouge sang, les cheveux d'un blond presque blanc, la peau rougie par l'effort, et d'immense yeux d'un vert si brillant qu'ils faisaient penser à des pierres précieuse. Elle referma ses bras autour de la taille de Lys pour ne pas tomber. Sa poitrine se souleva si vite qu'elle en eut peur.
—Faon ! Je t'avais dis de rester à la maison ! Il fait trop froid pour toi ! De plus le médecin t'a dit que tu ne devais faire aucun effort !
Un sourire crispé se dessina sur les lèvres de l'enfant, elle resserra ses bras autour de la taille de sa compagne et enfouie son visage contre son vêtement. Lys sentait toujours bon, une odeur de fleur qu'elle avait toujours eut du mal à identifier. Peut être de la lavande ou bien du lilas. Depuis que son frère avait quitté le royaume, elle avait trouvé en cette jeune femme la mère qu'elle n'avait jamais connue.

—Je suis désolée, mais tu ne revenais pas et je commençais à m'inquiéter. Regarde ta robe ! Tu dois te rendre au palais dans quelques heures et elle est toute trempée ! Tu dois encore te coiffer, te maquiller et...
—Ne t'inquiète pas ! Ria la jeune fille, incapable de contrôler le fou rire qui montait en elle. Je serai prête à temps ! Mais tu as raison, rentrons.
Glissant ses bras sous les jambes de la fillette, elle la souleva et la porta tout contre elle pour la protéger du vent froid qui soufflait. Quand elles arrivèrent à la maison de Faon, Lys entreprit aussitôt de lui enlever sa robe mouillée, la sécha et lui fit mettre une chemise de nuit chaude avant de la recoucher dans le lit. Son frère disparu, l'enfant s'était retrouvé seule, et comme personne ne souhaitait la prendre sous son toit, Lys avait quitté les siens pour venir vivre avec elle. Au fil des jours, elle s'en était occupée et un amour impossible à mesurer était
né en elle. C'était une enfant gaie, polie, qui souriait toujours malgré sa maladie.
—J'aurais aimé venir avec toi.
—Tu sais très bien que c'est hors de question, tu n'aurais même pas du venir me chercher, tu dois te reposer avant tout !

—Dit Lys est-ce pour moi que tu souhaites devenir la nouvelle gardienne de la pierre de sagesse ?
L'adolescente fut surprise par les mots de l'enfant. Celle-ci avait en effet vu juste, si elle avait passé les premiers tests sans grand espoir d'être retenue, c'était avant tout pour Hélio et Faon. Ce que lui n'avait put faire, elle le ferait : elle tenterait de soigner la fillette avec le pouvoir de la pierre. Mais ce n'était pas seulement pour eux, mais pour elle : elle voulait prouver qu'elle était une mage.
—Oui en effet, mais également pour moi Faon, si je deviens une grande mage je pourrais nous avoir un meilleur train de vie. Aller, maintenant repose toi bien, je vais me préparer. Mimosa vient te garder elle te fera aussi à manger.
Une grimace se dessina sur son visage, elle n'aimait pas la mère de Lys mais elle devait garder bonne figure. Après tout, elle avait coupé les ponts avec toute sa famille quand elle était venue emménager avec elle, et Faon ne pouvait pas la priver de sa mère. Après avoir déposé un baiser sur son front, Lys alla dans sa chambre et retira sa robe. Elle l'étendit sur le lit et plaça ses mains devant elle. Une lumière blanche enveloppa ses mains et se diffusa au tissu, lorsque la lumière disparut la robe été sèche. Tandis qu'elle remettait son vêtement, on frappa à la porte. Jurant entre ses dents, elle se précipita dessus et l'ouvrit. Une femme d'un certain âge se tenait devant elle. Ses cheveux blancs étaient relevés sur son crâne, et malgré les années qui passaient elle avait gardé un semblant de beauté, vestige de sa jeunesse. Elle possédait les mêmes yeux bleus que sa fille mais la ressemblance s'arrêtait là.
—Bonjour ma chérie. Je vois que tu es en train de te préparer. Où est la petite ?
—Dans sa chambre, est ce que tu pourrais lui faire à manger s'il te plait ?
—Très bien, dit-elle avec calme. Après une hésitation elle reprit : dis moi, es tu sûre de ce que tu fais ?
—Oui maman ! Ecoute je ne veux pas que nous en reparlions, je passe les dernière preuves aujourd'hui et j'irai jusqu'au bout !

Sans rien ajouter, elle se rendit dans la cuisine. Elle se contenta d'une pomme, son estomac étant trop contracter pour qu'elle puisse avaler quoi que se soit. Sa mère arriva derrière elle, les lèvres pincées. Elle ne pouvait s'empêcher de maudire le nom d'Hélios. S'il n'avait jamais séduit sa fille, Lys serait déjà mariée et aurait ses propres enfants au lieu de s'occuper d'une gamine malade.
Quand elle eut fini, elle disparut dans la chambre de Faon certainement pour déposer un dernier baiser avant de partir, puis quitta la maison sans un mot. Se signant, elle laissa ses larmes couler le long de joues ridées.
—Protége mon enfant !
La gorge nouée Lys s'avança en compagnie des deux autres prétendantes au poste de gardienne. A sa gauche se trouvait Azylianne une mage de la terre, la peau noire, d'immenses cils donnant du charme a ses yeux gris, des cheveux sombres coiffés de petites nattes. Vêtue d'une longue robe bleue nuit elle avait un port de tête royal. A droite se trouvait Samya,
une sorcière de l'air. Aussi blonde que les blés elle possédait de petits yeux de chat noisette ; vêtue d'une robe verte, ses cheveux étaient attachés en une longue queue de cheval qui lui tombait dans le dos.

—Mes chères enfants, voici le moment de la dernière épreuve, Loven va vous conduire jusqu'au lieu de votre épreuve ultime.
Un homme se détacha alors de la foule de courtisant, et Lys manqua de s'étouffer en le voyant s'avancer vers elles. Grand, il possédait une longue et épaisse chevelure d'un violet pâle. Il était vêtu d'une chemise ouverte sur son torse de la même couleur et d'un pantalon blanc. D'un geste nerveux, la jeune femme se retient de se frapper le front. Elle connaissait en effet l'homme car il était chanteur dans le monde des elfes. C'était également un vrai Casanova, et lorsque son regard croisa celui de Lys il ne put s'empêcher de lui adresser un sourire si brillant qu'elle en eut mal aux yeux.
—Ah mes jolies petites cailles ! Vous ne courrez aucun danger avec moi, je vous conduirai jusqu'au mont Moon en toute sécurité.
« Décidément il ne changera jamais ! » pensa la jeune femme avec exaspération quand ses deux adversaires se mirent à
glousser.

—Tient ma jolie Lys ! S'exclama-t-il quand ils quittèrent la salle du trône. Il passa un bras protecteur autour de ses épaules et lui adressa son sourire le plus lumineux. J'ai vraiment été surpris quand j'ai su que tu avais été retenue. Je suppose que derrière cette décision....
—Ecoute Loven ! Si j'ai choisi de devenir la nouvelle gardienne c'est avant tout pour moi ! Donc pas de question s'il te plait !
—Très bien je ne te poserai pas de question au sujet du pourquoi, mais penses-tu avoir la force d'y arriver ?
—Oui ! dit-elle en le regardant avec défit.
Un sourire se dessina sur les lèvres du jeune homme, d'un geste paternel il caressa la joue de la jeune femme.
—Bien, très bien alors, donne-toi à fond.
Une fois dehors ils eurent la surprise de voir une voiture volante, cette fois encore Lys dut se retenir d'éclater de rire. Comment pouvait-il conduire encore cette chose ? Elle connaissait Loven depuis longtemps, depuis l'enfance à vrai dire : il avait été son professeur de magie jusqu'à l'âge de dix ans et depuis tout ce temps il n'avait pas changé. Il été toujours égal à lui-même.

Quand le véhicule s'éleva la jeune femme ne put s'empêcher de pousser un cri de plaisir alors que les deux autres participantes ne semblaient pas ravies de se retrouver dans les airs. Le vent frais s'engouffrait dans ses cheveux lui donnant l'impression d'être un lutin. Le voyage fut à son goût trop rapide mais elle était heureuse d'être enfin arrivée. Quelle ne fut pas sa surprise quand elle constata qu'ils se trouvaient près de la montagne de quartz !
—Que devons nous faire ? demanda Samya.
—Mes chères petites votre dernière épreuve consiste à ramené une corne de licorne.
Le sang des trois prétendantes se figea dans leurs veines. Prendre une corne de cet animal était un sacrilège ! Pourquoi leur demander une telle chose ?
—Loven est-tu sur....

Il ne laissa pas finir la jeune fille et sauta dans sa voiture, leur envoya un baiser et démarra pour disparaître dans l'horizon. Lys, Azylianne et Samya se consultèrent du regard, puis se mirent en route jusqu'à la lisière de la forêt qui bordait le pied de la montagne.
—Halte ! Vous n'avez rien à faire ici !
Elles sursautèrent quand elles virent sortir une silhouette des bois. C'était un homme grand, ses traits étaient impossibles à définir car ils étaient cachés par un masque. Il portait une longue cape noire qui dissimulait son corps. Un frisson parcourut Lys. Qui était cet homme au regard si pénétrant et qui lui semblait tellement familier. Devraient-elles l'affronter pour pouvoir passer ?


Suite au prochain épisode.


# Posté le jeudi 06 août 2009 06:16